Navires électriques : le Japon va financer jusqu'à la moitié des équipements, recharge comprise

Le Japon donne un sérieux coup d’accélérateur à l’électrification de sa flotte. Les ministères japonais des Transports et de l’Environnement ouvrent un programme de 15,1 milliards de yens sur cinq ans, soit environ 81 millions d’euros, pour soutenir l’équipement des navires bas-carbone. Les bateaux 100 % électriques pourront bénéficier du taux d’aide maximal, avec une particularité importante : les équipements de recharge à quai peuvent eux aussi être financés.

Jusqu’à la moitié du coût des équipements pour les navires électriques

Le dispositif distingue deux niveaux de soutien. Les navires à hydrogène, à ammoniac et à propulsion intégralement électrique peuvent obtenir une aide couvrant jusqu’à la moitié du coût des équipements éligibles. Pour les navires au méthanol et les configurations hybrides, le plafond est fixé à un tiers.

Le périmètre des dépenses prises en compte est particulièrement large : moteurs, réservoirs, systèmes d’alimentation et batteries de propulsion peuvent notamment entrer dans le dispositif.

Le budget prévu pour la première année atteint 1,2 milliard de yens, soit environ 6,5 millions d’euros au taux du 24 août 2026 (1 euro = 185,6 yens). Le programme doit se poursuivre jusqu’en janvier 2031.

La recharge à quai aussi éligible aux financements

C’est probablement le point le plus intéressant du dispositif pour la filière électrique. Les équipements permettant le branchement électrique à quai figurent également parmi les dépenses éligibles, à condition d’être installés conjointement avec un navire à batteries.

Autrement dit, le Japon ne finance pas uniquement le bateau : il peut également accompagner l’installation de l’infrastructure indispensable à son exploitation.

Une aide réservée au trafic domestique pour les navires électriques

Le programme comporte toutefois une restriction importante. Pour les navires exploités en trafic international, seuls l’hydrogène et l’ammoniac permettent de bénéficier de la subvention. Les batteries, le méthanol et les architectures hybrides sont donc réservés aux projets domestiques. Cette limite correspond aussi aux usages pour lesquels les batteries sont aujourd’hui les plus adaptées. 

Le Japon concentre ainsi son soutien à l’électrique sur les opérations où la technologie est déjà suffisamment mûre, tandis que l’hydrogène et l’ammoniac restent éligibles pour les navires destinés au trafic international.

Un programme doté de 81 millions d’euros jusqu’en 2031

L’accès au guichet nécessite enfin un plan d’introduction de navires certifié au titre de la loi japonaise sur le transport maritime. Celui-ci doit être accompagné d’un objectif de conversion vers des énergies non fossiles.

Un complément d’aide est également prévu lorsque la coque du navire est réalisée en acier à faible empreinte carbone. Les candidatures pour la première relève sont annoncées ouvertes jusqu’au 3 décembre.

Avec une enveloppe totale d’environ 81 millions d’euros sur cinq ans et un financement pouvant atteindre 50 % des équipements, le Japon envoie surtout un signal clair à la filière : sur les usages domestiques adaptés, le navire électrique à batteries est désormais placé au même niveau d’aide que l’hydrogène et l’ammoniac. Et en intégrant la recharge à quai au même dispositif, le pays s’attaque aussi à l’une des conditions essentielles au déploiement de ces bateaux.
 


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