Recharge sans fil : la Norvège développe une solution innovante pour les navires électriques offshore

Déjà utilisés pour la maintenance des parcs éoliens en mer, les navires de service électriques pourraient bientôt se recharger sans aucun câble. En Norvège, un consortium travaille sur une technologie de recharge par induction capable de fonctionner même dans des conditions maritimes difficiles.

Dans le cadre du projet « Ocean Charger », les chercheurs de SINTEF collaborent avec le constructeur naval Vard pour développer un système de recharge inductive destiné aux « Service Operation Vessels » (SOV). Ces navires assurent le transport des techniciens et du matériel vers les parcs éoliens offshore, et sont de plus en plus équipés de motorisations électriques à batterie.

Le problème actuel concerne la recharge en mer. Dans un environnement exposé au sel, à l’humidité et à une forte houle, les connexions classiques par câble deviennent complexes à utiliser et sensibles à la corrosion. Les prises et connecteurs peuvent également être endommagés lorsque les conditions météo se dégradent.

Pour contourner ces limites, les ingénieurs norvégiens misent sur une transmission d’énergie par induction. Le système conserve une liaison mécanique entre les deux parties, mais les composants électriques restent entièrement protégés de l’eau de mer. Les développeurs comparent le fonctionnement à un « porte-gobelet dans lequel on vient insérer un verre ». Cette architecture permet de protéger totalement les bobines de recharge contre le sel, l’humidité et les chocs. Même en cas de mouvement important du navire ou de déconnexion involontaire, aucun contact électrique sensible ne reste exposé.

« Nous avons étudié de nombreuses solutions », explique Giuseppe Guidi, chercheur principal chez SINTEF. Selon lui, la recharge inductive permet d’éviter la plupart des problèmes liés à la corrosion tout en réduisant les besoins de maintenance.

La technologie reste encore au stade expérimental. Le prototype actuel développé en laboratoire atteint une puissance de recharge de 50 kW. À terme, les équipes visent toutefois des systèmes capables de transmettre jusqu’à cinq mégawatts de puissance. La connexion serait alors assurée automatiquement via un bras mécanique de type grue.

Au-delà des parcs éoliens offshore, cette technologie pourrait également ouvrir la voie à l’électrification des navires de ravitaillement utilisés autour des plateformes pétrolières et gazières. Une avancée qui pourrait faciliter le déploiement de navires électriques dans des applications maritimes particulièrement exigeantes.

Source : Sintef


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