Navigation fluviale : l’Allemagne subventionne jusqu’à 95 % du surcoût des bateaux zéro émission

Le ministère fédéral allemand des Transports a publié le 16 juillet une directive d’aide au verdissement de la navigation intérieure. Elle couvre aussi bien les bateaux à propulsion électrique que les infrastructures de recharge, avec des taux de subvention qui grimpent jusqu’à 95 %.

Paru au Bundesanzeiger, le journal officiel allemand, le texte concrétise un volet du programme fédéral pour une navigation et des ports plus sobres en carbone, doté de 400 millions d’euros sur la période 2026-2029.

Deux axes structurent le dispositif :

  • Les propulsions alternatives le long de corridors fluviaux dits verts, avec l’équipement de bateaux de fret neufs et la conversion de bateaux existants vers des motorisations sans émission ou à faibles émissions. L’électrique à batterie y figure au même titre que l’hydrogène et le méthanol.
  • Le report modal vers les voies d’eau : transport public de voyageurs, logistique urbaine, et conversion à la propulsion zéro émission de services déjà assurés par bateau. Une orientation qui parle directement aux agglomérations et aux territoires portuaires.

Jusqu’à 95 % des surcoûts financés

En pratique, les subventions allouées s’appliquent aux surcoûts éligibles, c’est-à-dire à l’écart de prix entre la solution décarbonée et son équivalent conventionnel, et non au montant total du bateau. Sur cette base, l’équipement d’une unité neuve en propulsion zéro émission peut être couvert à hauteur de 95 %. La conversion d’un bateau existant plafonne à 90 %, et les navires qualifiés de propres sans être totalement zéro émission à 80 %.

Même ainsi encadrée, la mesure reste considérable. Le surcoût d’une motorisation électrique avec son pack batteries représente souvent l’essentiel du différentiel d’investissement face à une ligne d’arbre diesel, et c’est précisément ce différentiel qui bloque les décisions d’armateurs et d’exploitants.

Les solutions de recharge également financées

Autre point intéressant : le volet infrastructures est également subventionnable jusqu’à 90 % selon les projets. Il couvre les systèmes de recharge électrique et les installations d’avitaillement en hydrogène, ammoniac et méthanol, mais aussi les raccordements au réseau, souvent le poste le plus lourd et le plus lent à obtenir.

Les solutions fixes, mobiles ou flottantes sont éligibles, tout comme, sous conditions, les installations de production et de stockage d’énergie renouvelable associées.

Source : BMV

 


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