Témoignage : focus sur les éco-bateaux bus bi-énergie de la rade de Toulon

La Régie Mixte des Transports Toulonnais (filiale du groupe Transdev), exploitant du réseau de bus et de bateaux-bus de l’Agglomération de Toulon Provence Méditerranée,  revient sur les éco-bateaux-bus de la rade de Toulon, trois ans après la mise à l’eau du premier bateau.

Premier réseau maritime de France avec plus de 1.6 millions de passagers transportés chaque année, depuis 2014, le réseau Mistral  exploite deux bateaux bi-énergies dans la rade de Toulon. Avec Jean-Yves Dubourg, responsable des services techniques à la RMTT, l’AFBE revient sur l’historique, les caractéristiques et le déploiement du service.

Le choix du bi-énergie

« Le projet a été initié par l’agglomération et nous l’avons construit ensemble dans le cadre de notre mission de conseil » résume Jean-Yves Dubourg. « Au départ, nous voulions passer au tout électrique. L’objectif était que ces nouveaux bateaux disposent de la  même qualité de service et du même rendement que leurs homologues thermiques. Lorsqu’on a regardé le cahier de charges, on s’est vite aperçu que le tout électrique était complexe pour une traversée en 20 minutes compte tenu du volume de batteries nécessaire. Il n’existait aucune solution permettant de générer la puissance électrique nécessaire pour embarquer 100 passagers » précise notre interviewé. 

Abandonnant l’idée du tout électrique, le réseau Mistral porte sa réflexion sur une technologie dite bi-énergie. Objectif : réaliser toutes les manœuvres d’appareillage et d’accostage en mode électrique et la traversée en mode diesel.  « C’est le capitaine qui décide quand il passe en diesel ou en électrique, le changement de mode est manuel » nous explique Jean-Yves Dubourg.
 

Premier bateau en 2014

Associé au bureau d’études Mauric et au chantier naval local Trans Metal Industrie (St Mandrier), RMTT et Transdev ont fait appel à Alternatives Energies pour toute la partie hybridation. Long de 21.36 m et large de 5.15 mètres, les deux Eco- bateaux-bus peuvent accueillir jusqu’à 98 passagers. Ils sont animés par un moteurs diesel Caterpillar associé à deux moteurs électriques fournis par Leroy-Somer. Rechargeables à quai en 5 heures, deux packs batteries lithium-fer de 85 kWh fournis par le fabricant américain Valence alimentent les moteurs.

La mise à l’eau du premier bateau intervient le 24 janvier 2014. Le second, un « sister ship », arrive très rapidement, en juin 2014, et permet à l’opérateur et au constructeur de s’affranchir d’une nouvelle homologation.
 

Une prise en main délicate

Si l’arrivée de ces nouveaux bateaux représente une véritable innovation, l’adaptation du personnel naviguant a demandé un réel effort. « La prise en main des équipages a été délicate car ils n’avaient pas l’habitude d’un bateau plus silencieux et un peu moins nerveux dans les manœuvres. C’est une navigation qui demande plus de vigilance car plus d’anticipation » résume Jean-Yves Dubourg qui estime qu’il aura fallu 18 mois pour obtenir l’adhésion des quelque 17 équipages qui composent le personnel de la RMTT.
 

D'importants gains de consommation

Au-delà des avantages environnementaux du fonctionnement tout électrique, l’opérateur souligne également les gains réalisés en termes de consommation de carburant. Alors qu’une navette diesel consomme en moyenne 31 l/heure, les deux éco-bateaux-bus n’en consomment que 20.

A cela s’ajoute la satisfaction des usagers qui ne paient pas plus cher pour l’utilisation de ces navettes, soulignent l’absence de bruit et d’émissions odorantes lors des manœuvres réalisées à quai où le mode électrique est privilégié.
 

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