Pollution maritime : France Nature Environnement tire la sonnette d’alarme

Si le transport routier est régulièrement mis en cause dans la pollution atmosphérique, le transport maritime a également une part de responsabilité importante. Au port de Marseille, France Nature Environnement et l'ONG allemande NABU ont mené l’enquête et révélé des chiffres inquiétants pour la santé publique.
 
Acheminant plus de 90 % des marchandises dans le monde et transportant plusieurs millions de passagers chaque année, le transport maritime est trop souvent oublié lorsqu’il s’agit de parler de pollution atmosphérique. Pourtant, les émissions générées par certains de ces monstres marins sont particulièrement inquiétantes.
 
Des mesures réalisées au Port de Marseille et ses environs ont ainsi démontré que une concentration en particules ultra fines à proximité du port est 20 à 50 fois plus élevée par rapport au parc du Pharo sur les hauteurs de Marseille.

60 000 morts prématurées par an en Europe

Peut-être bien plus meurtrier que le transport routier, le secteur maritime et la pollution qu’il génère ne sont pas sans conséquence sur la santé publique. Selon des recherches réalisées par l’université de Rostock et le centre de recherche sur l’environnement allemand Helmholzzentrum Munich, les émissions du transport maritime causent près de 60 000 morts et coûtent 58 milliards d’euros aux services de santé.
 
Deux principaux polluants sont aujourd’hui mis en cause : l'oxyde de soufre (Sox) et l’oxyde d’azote (NOx) qui tendant à accélérer la formation de particules fines et ultra-fines. A elles seules, les émissions de soufre seraient responsables de 50.000 morts prématurés par an en Europe et de 5 à 10 % des émissions mondiales. En Europe, de nouvelles réglementations sont en œuvre pour limiter ces émissions de soufre avec la mise en place progressive des zones ECA (Emission Control Area).
 
Quant à l’oxyde d’azote (NOx), le transport maritime est responsable de 17 à 31% des émissions mondiales. Responsable de bronchites aiguës, ce polluant irrite les voies respiratoires  et augmente le risque de maladies respiratoires et cardiovasculaires à court et long termes.
 

Des mesures à mettre en place

Pour France Nature Environnement, des mesures fortes doivent être entreprises pour impulser le changement. Alors que la mise en place des zones ECA et SECA qui imposent progressivement aux armateurs d’abandonner le fioul lourd au profit d’autres énergies, comme le GNL. France Nature Environnement dénonce toutefois le trop faible niveau de contrôle au sein de ces zones réglementées et appelle les autorités à les multiplier et à augmenter les sanctions en cas de fraude. « Sur 1 000 navires en transit, un seul est en moyenne contrôlé et s'il enfreint la loi, les amendes s'avèrent peu dissuasives » dénonce l’ONG
 
D’autres mesures pourraient être mises en place pour accélérer le développement de la filière. Est notamment évoquée la mise en place d’un principe de bonus/malus sur les tarifs des droits portuaires. Une façon de privilégier les bateaux les plus respectueux de l’environnement. Une mesure qui pourrait s’appliquer aux gros navires mais aussi à la plaisance et notamment aux bateaux électriques.
 

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